Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 06:55
En page 2 du Figaro du 16 septembre figure un article de Mme Adèle Smith, correspondante à New York, revenant sur la faillite de la banque Lehman Brothers et ses conséquences. Il est intéressant de constater que rien n'a changé, que le système poursuit encore et toujours une course vers plus de profits "au mépris des conséquences à long terme".

Que ce soit le Figaro, peu susceptible d'être taxé d'anti-capitalisme primaire, qui le dise me rassure un peu. C'est bien tout ce qui me rassure...

Jugez vous-même :
"Lorsque les «maîtres de l'univers» prenaient des risques inconsidérés, c'était bien sûr en pensant à la taille des bonus, mais pas seulement, s'insurge Dan Bauer qui décrit une culture extrême : «Il y a des têtes brûlées partout, mais la pression du management était inimaginable sur les traders, si tu ne prenais pas assez de risques et que tu ne générais pas assez de cash, tu étais viré du jour au lendemain. À Wall Street, on n'a pas de contrat, juste une lettre d'embauche. À mes débuts, j'avais été choqué par la vision à court terme des résultats, chaque trimestre il fallait faire mieux que le précédent.» Une vision qui perdure à Wall Street, au mépris des conséquences à long terme, selon un rapport récent de l'institut Aspen. Peu de chose semble avoir évolué un an après. «Les banques sont dirigées et régulées de la même manière qu'avant, ce qui a changé, c'est qu'il y en a moins», a indiqué au Wall Street Journal Peter Solomon, ancien vice-président de Lehman."
http://www.lefigaro.fr/societes/2009/09/16/04015-20090916ARTFIG00059-les-anciens-de-lehman-brothers-racontent-.php
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Situation nationale
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 22:01
Je me suis rendu avec un ami, dimanche soir dernier, auprès des Freescale en grève devant leur site de production de Toulouse. Nous y avons rencontré un groupe important (une quarantaine) de salariés sereins mais appréciant fortement de recevoir un soutien extérieur. Une seule banderole syndicale, aucune politique. Pas de badges non-plus. Pas de présence ostentatoire d'un syndicat ou parti, donc. Plusieurs nous ont d'ailleurs indiqué ne pas être syndiqués.

Un groupe sachant ce qu'il veut, et fort du soutien de 80% du personnel de la production. Respectueux de leur direction France, sachant bien que ceux-ci n'ont de prise que sur la partie de l'enveloppe financière dédiée à la fermeture du site. Que tout se joue aux US. Pas de moqueries gratuites, pas de railleries. Des ouvriers posés, intelligents, organisés, qui savent ce qu'ils veulent.

Ils se sont longuement renseignés sur les sociétés au sein desquelles des propositions de reclassement ont été faites et ont demandé à ce que toute organisation syndicale et CE d'entreprises en difficultés les aide via l'apposition de banderoles à leurs côtés, pour démontrer à la direction qu'ils sont soutenus. Ils ont sincèrement apprécié le soutien de deux de leurs concitoyens. Ils ont indiqué que les élus "font leur boulot lorsqu'on les sollicite, mais ne peuvent pas grand chose, tout se décide aux US".

Ils indiquent que seule une cinquantaine de salariés a été formée sur 1300, des demandes de formation ont même été refusé au titre que leur départ perturberait la chaine de fabrication. Ils nous ont précisé que Freescale dégage énormément de bénéfice, qu’ils ont perçus en début d’année pour le seul premier trimestre 2009, une prime de rentabilité qui se trouve être entre 250 et 500 euro par personne. A ce jour ils demande a leur direction de rouvrir des négociations (elles ont cesser début aout) car comme ils ne peuvent partir en formation pour la plupart ils demande que leur direction mette la main a la poche. Ils apprécieront une nouvelle présence à venir.

Il me semblait important de témoigner de cette lutte entre des salariés qui s'estiment lésés, une direction France qui s'efforce de leur obtenir le meilleur "sort" possible, et une direction US dont on peut craindre des décisions intransigeantes.
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Plaisance du Touch
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 12:09

Lu dans la lettre MPS (DépêcheMag) du 14/09/09 :

Philippe Robardey, président du Medef Haute-Garonne, a saisi l'occasion du lancement de la 22ème édition de l'annuaire Top Economique des 1 400 premières entreprises de la région, pour partager son optimisme : "Certes, la situation de l'emploi est préoccupante, des secteurs d'activités sont plus touchés que d'autres, mais nous avons des atouts qui nous permettent de reprendre rapidement pied et aller de l'avant".
Pour le président du Medef 31, des signes de reprise se font ressentir : l'intérim, qui a subi un net recul (contraction de 12,4% en 2008 et de 17% début 2009) est reparti en mai dernier. Il s'est infléchi en juin, mais de manière moindre (-1,7%). Philippe Robardey constate même "un meilleur moral du côté des chefs d'entreprise et un redressement des carnets de commandes".

J'étais hier soir auprès des salariés de Freescale en grève. J'étais avec les Molex en juin. Je connais plusieurs sous-traitants aéronautiques qui ont licencié, organisent le chomage partiel depuis juin et s'apprétent à licencier, faute de visibilité de l'activité de conception. Airbus réorganise sa sous-traitance au niveau international. A Toulouse, cela se traduit par des disparitions d'activités historiques. De grands équipementiers souffrent. Leurs salariés également. L'inquiétude et grande de n'avoir plus d'activité au-delà de ce qui reste à Toulouse en conception A350. Et le MEDEF Haute-Garonne est "résolument optimiste".

"Je vais bien, tout va bien..." (cf Dany Boon)
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Plaisance du Touch
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 10:33
Nous y sommes : la Taxe Carbone arrive ! Formidable ? Non !

Si travailler à la réduction des émissions de CO2 est vital pour la planète, il semble que nous ayons, une fois de plus, pris la direction de la solution la plus socialement défavorable : taxer le consommateur sans lui permettre de changer réellement son mode de consommation.

Une étude de l'UFC-Que Choisir (cliquez ici) met en évidence que le système retenu "qui surtaxe la consommation pour abaisser le coût du travail, n'est rien d'autre qu'une TVA sociale appliquée au secteur de l'énergie. Les consommateurs ne comprendraient pas que le gouvernement utilise l'enjeu climatique pour mettre en oeuvre une réforme fiscale aussi néfaste pour le pouvoir d'achat et qui avait été fort sagement abandonnée."

L'UFC-Que Choisir préconise la mise en place du Chèque Vert de la Fondation Hulot. Certes. Mais est-ce que de prendre d'une main pour redonner de l'autre est une solution long terme ? J'y vois 4 problématiques :
- la définition des destinataires du Chèque Vert. A quel niveau de revenus (si c'est l'indicateur retenu) faut-il placer l'attribution du Chèque Vert ? 20% de la population ? 50% ? 80% ? Ceux dans les % supérieurs trouveront toujours la décision injuste, et ils auront probablement raison.
- la possibilité pour ce Chèque Vert d'être supprimé au cours d'une prochaine mandature. Sa mise en place ne serait donc qu'une solution provisoire, utilisée comme biais de communication sociale positive pour tromper la vigilance des futurs électeurs (Régionales 2010 à venir).
- le choix d'une taxation auprès des consommateurs au lieu d'une incitation technologique. Les salariés des classes moyennes et pauvres subissent souvent une obligation de déplacements automobiles quotidiens, le coût d'une résidence principale décroissant proportionnellement à sa distance aux principaux lieux d'activités professionnelles. Aujourd'hui, le parc automobile reste cantonné à 99% de propulsion thermique. Inciter financièrement les entreprises à développer massivement les propulsions alternatives est nécessaire. J'évoquai déjà en 1999 ce sujet avec des ingénieurs de PSA, qui admettaient que la propultion électrique n'était pas étudiée "sérieusement" alors. Un retard qu'il est urgent de rattraper, et l'Etat peut y jouer un rôle.
- l'absence de taxation des entreprises à l'origine de la pollution (productrice de CO2 ou commerçantes des matières premières).

Il me semble que, même s'il faut se réjouir d'une prise en compte des problématiques écologiques, la mise en place des solutions doit être faite en appui aux populations, et pas sous la forme d'une injustice supplémentaire.  
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Environnement
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 10:24
Vendredi 17 juillet, les salariés de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn ont manifesté devant le Capitole. Quelques élus toulousains étaient présents ainsi que les représentants des de différentes villes de Haute-Garonne, dont Plaisance-du-Touch.  

Pourquoi cet engagement au côté des Molex ? A titre de solidarité dans leur combat contre ce licenciement « boursier » mais également parce que la décision de la direction de Molex concerne chaque salarié de l’aéronautique. 

Rappelons que les Molex refusent le plan de fermeture d’une entreprise qui a dégagé 1,2 million de bénéfices pour un chiffre d'affaires de 31,4 millions en 2008, malgré la crise automobile. Fermeture qui a était préméditée par la direction, Molex ayant dupliqué les outillages aux États-Unis pendant plus d'un an. La logique est détestable : « 3,8 % de bénéfices ne suffisant pas, réduisons les coûts en déplaçant l’usine ! Les employés ? Ce n’est pas le problème des actionnaires. », pourrait dire la direction.

A l’heure où de nombreuses entreprises considèrent leur impact sociétal, alors que certains entrepreneurs réfléchissent à la création d’un label d’« entreprise responsable », jugeant nécessaire de valoriser les véritables déclinaisons du développement durable dans les entreprises, Molex fait le choix unique des financiers.

Or l’entreprise est un projet collectif qui repose sur un capital précieux : le capital humain. Ceux qui y travaillent doivent être placés au cœur du projet économique et pas seulement à son service. Ces vingt dernières années, la part des profits reversée aux actionnaires a augmenté bien plus vite que celle consacrée aux investissements et celle redistribuée aux salariés. La crise financière devrait être l’occasion de forger un nouveau modèle de partage, d’encourager une gestion plus responsable des profits.

Sarkozy s’est plusieurs fois déclaré favorable à une approche : 1/3 salariés, 1/3 actionnaires, 1/3 investissements. Une approche de gauche qu’il ne tiendra jamais, face à la levée de bouclier de ses amis grands patrons et investisseurs.  D’ailleurs les Molex le disaient devant le Capitole : « Il s’annonçait Sarko-Zorro, pour l’instant c’est Sarko-Zéro ! ».

La période est pourtant particulièrement propice à la définition de l’entreprise de demain, sur la base d’un modèle respectueux des grands équilibres de la société. Une économie plus humaine et durable est possible, qui réussisse à concilier efficacité et responsabilité sociale, performance et engagement éthique et environnemental. La réglementation doit permettre d’éviter les Molex de l’avenir !

Car Molex aujourd’hui, c’est l’aéronautique demain. Certains signes sont déjà présents : délocalisation de la production en Chine, introduction en forces d’équipes indiennes dans le développement A380, sous-traitance en Allemagne de systèmes historiquement français, mise sous pression des sous-traitants de conception. Aujourd’hui, le donneur d’ordre va bien et embauche. Mais les sous-traitants, en silence, organisent le chômage. Combien de jeunes formés n’ont pas trouvé de postes ? Combien de concepteurs très expérimentés n’ont aucune activité ? 2.000 à 3.000 ? Combien demain ? Après l’A350, quel développement assurera l’activité des 15.000 salariés de conception aéronautique à Toulouse ? La main-d’œuvre est compétente. Mais le choix des patrons reste celui d’une redistribution financière. Rappelez-vous les Stock-Option « A380 ».

Molex aujourd’hui, c’est l’aéronautique demain. Quelle activité laisserons-nous à nos enfants ? Se mobiliser est nécessaire et c’est pour cela qu’il est important d’être présent auprès des Molex.
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Situation nationale
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  • : Engagé Politique
  • : Conseiller Municipal Délégué au Projet educatif Local et au Jumelage de Plaisance du Touch (31).
  • : 13/12/2008

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