Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /2010 15:25

Le 28 janvier dernier, avec Daniel Luciani, PDG de ICOM Communication, nous avons interpelé les candidats aux élections régionales en Midi-Pyrénées, sur la thématique d'un  "développement économique durable de notre région".

Le courrier que nous leur avons adressé les invite à se prononcer, en tant que candidats à l’élection régionale, sur les liens des entreprises avec le développement durable, au sens de leur responsabilité sociale, environnementale et sociétale. La crise que nous vivons est en effet une occasion de repenser profondément nos pratiques économiques. A ce titre, nous sollicitons leur vision de ces réalités et des opportunités de croissance durable qu’elles représentent.


Les Entrepreneurs d’Avenir, ayant placé le développement durable comme axe stratégique de leur développement, placent l’objectif d’une économie plus humaine et durable au cœur de leur croissance. C’est pourquoi nous nous attachons à promouvoir un nouveau modèle pour l’entreprise et la société : la « performance globale », une performance non seulement économique mais indissociablement sociale, sociétale et environnementale. Respect de l’individu et de la diversité, éthique, gouvernance, équité, éco-responsabilité et engagement sociétal sont des priorités au même titre que nos résultats économiques.


A la veille de l’élection régionale, il nous a semblé important d'interpeller les futurs élus de notre région sur cet enjeu majeur du développement économique des territoires français.

Sur la base d'un questionnaire que nous leur avons remis, nous souhaitons commencer avec eux un dialogue riche pour nos territoires et l’ensemble des acteurs économiques qui s’y investissent quotidiennement.

Je vous tiendrai informés des réponses qui nous serons apportées.

Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Environnement
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 20:07
Les banques constituent la principale source de financement pour les PME françaises, lesquelles emploient plus de 89% des salariés. Pour les soutenir, le gouvernement a décidé, en octobre 2008, la mise à disposition de 360 milliards d’Euro. Or que constatons-nous depuis ce choix ? 

Le nombre de crédits de trésorerie a baissé de 17,50% en un an. Le total des prêts aux entreprises a baissé de 17 milliards d’euro, alors que les banques vont annoncer plusieurs milliards de bénéfices et s’apprêtent à distribuer près de 800 millions d’Euro à 2500 traders.

En Haute-Garonne, certaines entreprises en bonne santé n’obtiennent plus de réponse à leurs demandes de crédits. Elles ne peuvent donc ni embaucher ni se développer. Pire, les banques, refusant de financer des creux de trésorerie peu élevés, obligent des PME saines à jouer leur survie auprès du Tribunal de Commerce (+35 % d’activité en 2009).

Contrairement à la volonté affichée par le gouvernement, les PME ne sont donc plus soutenues par les banques. Réorganisées autour de comités d’évaluation de risques centralisés, avec des responsables d’agences déresponsabilisés, celles-ci sont déconnectées de l’économie réelle.

Avoir aidé les banques n’a pas aidé l’emploi en France. C’est bien en entrant à leur capital que le gouvernement aurait pu garantir que les milliards versés par les contribuables bénéficient aux millions de salariés des PME. Au lieu de cela, seuls quelques milliers de personnes vont en tirer profit, et le chômage augmente.
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Situation nationale
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 23:55
Lettre ouverte de Michel Onfray au Président de la République :

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut- être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme. Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé." Dès lors, c'est à La Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible.

De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande "une vraie démocratie populaire et ouvrière", la "destruction impitoyable des trusts", le "bonheur des plus humbles d'entre nous" (Œuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome II, p. 517) ?

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L'Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p. 317).

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la "forme de la propriété" dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n'est pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui le détient" (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé "La condition ouvrière" qu'il fallait faire "participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate...

Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.

Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l'idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle "réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté" (t. III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu'il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin... Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire...

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter une autre.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

Michel Onfray, philosophe.
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Situation nationale
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 13:43
Quelques chiffres mettent toujours les sujets en lumière. Dans le cas des Sans-Papiers, ils sont particulièrement éloquents...

Le nombre de personnes résidant en France en situation irrégulière est estimé actuellement à 400.000, dont 280.000 travailleraient. Leur nombre serait constant depuis les années 60, et ce malgré 27.000 reconduites à la frontière dont chacune coûte environ 20.000 € (information Cour des Comptes), soit 540 millions chaque année. Ce chiffre peut être opportunément comparé aux 100 millions d’euro annuels d’aide aux pays en difficulté.

Main-d’œuvre à bas coût (salaire inférieur aux minima légaux, sans charges car souvent non déclarées) et très flexible, ils participent pourtant à l’activité économique du pays. Leur présence en France est d’ailleurs un moyen de pression pour certains employeurs indélicats vis-à-vis de salariés les plus fragiles.

Or le traitement actuel des personnes Sans-Papiers les marginalise contre leur gré, participant à l’affaiblissement du processus d’intégration si spécifique à la France. Pire, le traitement actuel, en organisant les dénonciations, la rétention de familles dans des centres au fonctionnement proche des prisons, la « régulation phonique » (forme d’étranglement) durant les expulsions, porte atteinte au respect des Droits de l’Homme. La régularisation organisée et le développement volontaire des pays en difficulté sont des solutions à privilégier qui permettront tout à la fois d’affirmer l’identité française d’intégration et de replacer le partage au cœur de notre projet de société.
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Situation nationale
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 12:40
J'avais écrit ici, le 1er septembre, que l'arrivée de la Taxe Carbone n'était pas une bonne nouvelle (http://www.uneluaplaisance.com/article-35532762.html), dénonçant le choix "d'une taxation auprès des consommateurs au lieu d'une incitation technologique". Le 30 décembre dernier, le Conseil Constitutionnel a retoqué ce texte. Jugée écologiquement inefficace et socialement injuste, la taxe carbone est frappée du sceau de l'infamie: contraire à la loi», relève François Martin dans le Midi libre. Dans le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet considère que «le Conseil constitutionnel sanctionne le bricolage législatif d'un texte mal ficelé qui fait la part trop belle aux lobbies».

Il faut maintenant espérer que le prochain texte, annoncé pour le 20 janvier, prenne cette fois le problème par le bon bout. Que le développement durable soit une volonté partagée par tous, citoyens, entreprises et gouvernement, et pas un nouveau moyen de culpabiliser les individus.
Par Rémi Demersseman-Pradel - Publié dans : Situation nationale
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  • : Engagé Politique
  • : Conseiller Municipal Délégué au Projet educatif Local et au Jumelage de Plaisance du Touch (31).
  • : 13/12/2008

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